Le Président de la République de Guinée, le Général Mamadi Doumbouya, est désormais habilité à légiférer par ordonnance. Cette mesure, officialisée ce samedi 25 avril 2026, marque un tournant institutionnel significatif
Par décret publié à la télévision nationale, le chef de l’État a promulgué la loi ordinaire L/2026/001-CNT, adoptée par le Conseil National de la Transition (CNT). Cette loi d’habilitation confère au Président de la République le pouvoir de prendre, dans des domaines relevant normalement du législatif, des mesures par voie d’ordonnances. Ces textes auront force de loi, sous réserve d’une éventuelle ratification ultérieure par le parlement, une fois celui-ci pleinement opérationnel.
Accélérer l’action publique, selon les sources officielles et les analyses relayées par plusieurs médias guinéens, cette habilitation vise à accélérer la mise en œuvre des réformes et de l’action gouvernementale. En période de transition, où les institutions législatives ne sont pas encore pleinement installées ou fonctionnent de manière transitoire via le CNT, les ordonnances permettent de contourner les délais inhérents à la procédure parlementaire classique. Elles concernent typiquement des mesures techniques, urgentes ou stratégiques dans des secteurs prioritaires comme les infrastructures, l’économie, la justice ou la sécurité.
Le décret de promulgation précise que cette habilitation s’appuie sur les dispositions de la Charte de la Transition et de la nouvelle Constitution issue du référendum de septembre 2025. Elle est présentée comme un outil temporaire et encadré pour fluidifier la gouvernance sans paralyser l’État.Contexte politiqueCette décision intervient alors que la Guinée poursuit sa transition entamée après le coup d’État de septembre 2021.
Le Général Doumbouya, qui a remporté l’élection présidentielle de décembre 2025, s’est engagé à restaurer l’ordre constitutionnel tout en poursuivant un vaste programme de « refondation de l’État ». Le CNT, organe législatif transitoire, continue d’exercer un rôle clé dans l’adoption des textes fondamentaux.
Pour les observateurs, cette habilitation renforce les prérogatives de l’exécutif à court terme. Elle suscite déjà des débats : certains y voient une mesure pragmatique nécessaire pour avancer rapidement sur des réformes structurelles, d’autres expriment des craintes quant à un possible affaiblissement du contrôle parlementaire futur.
Aucune précision n’a encore été communiquée sur la durée exacte de cette habilitation ni sur les domaines précis couverts par la loi L/2026/001-CNT. Le gouvernement devrait prochainement publier les premières ordonnances ou en préciser le périmètre d’application.Cette évolution institutionnelle sera scrutée de près par la classe politique, la société civile et les partenaires internationaux.