Ce dimanche 31 mai 2026, les Guinéens sont appelés aux urnes pour un double scrutin inédit : les élections législatives (pour renouveler les 147 députés de l’Assemblée nationale) et les élections communales (pour élire les conseillers dans les 342 communes du pays). Ce rendez-vous électoral marque une étape symbolique importante dans le processus de retour à l’ordre constitutionnel entamé après le coup d’État du 5 septembre 2021.
Ce scrutin intervient cinq ans après la prise de pouvoir par le général Mamadi Doumbouya. Après un référendum constitutionnel en septembre 2025 et une élection présidentielle remportée haut la main par le chef de la junte en décembre 2025 (86,72 % des voix), ces élections législatives et locales devaient initialement se tenir le 24 mai 2026 avant d’être reportées d’une semaine par décret présidentiel le 10 avril 2026.
Le parti du président, la Génération pour la modernité et le développement (GMD), se présente en position de grand favori. De nombreux partis d’opposition historiques ont été dissous ou suspendus ces dernières années, et les principales forces d’opposition (regroupées au sein des Forces vives de Guinée) ont appelé au boycott du scrutin, dénonçant un processus qu’elles jugent verrouillé par le pouvoir en place.
- Législatives : 147 sièges à pourvoir. Le système est mixte : une partie des sièges est élue à la proportionnelle (listes nationales) et l’autre à la majorité dans les circonscriptions.
- Communales : Renouvellement des conseils communaux dans tout le pays (urbains et ruraux). Le scrutin est également proportionnel dans la plupart des cas.
Environ 7 millions d’électeurs sont inscrits. Le vote a débuté entre 7h30 et 8h ce matin dans la plupart des bureaux de vote. Des observateurs de l’Union africaine, de la CEDEAO et d’autres organisations internationales sont déployés sur le terrain.
- Légitimité des institutions — Ces élections doivent permettre la mise en place d’une Assemblée nationale et de collectivités locales élues, mettant officiellement fin à la période de transition.
- Décentralisation — Les communales sont cruciales pour le fonctionnement quotidien des services de proximité (éducation, santé, assainissement).
- Participation — Dans un contexte de boycott appelé par l’opposition et de restrictions des libertés civiles, le taux de participation sera scruté de près. Des rapports préliminaires font état d’une affluence variable selon les quartiers et régions.
- Représentation des femmes — Le code électoral impose un quota de 30 % minimum de femmes sur les listes.
Ce 31 mai, les premiers retours font état d’un scrutin globalement calme, avec une affluence modérée dans certains bureaux de Conakry et de l’intérieur du pays. Aucun incident majeur n’a été signalé dans les premières heures. La Direction Générale des Élections (DGE) a mis en place un centre d’appel pour traiter les anomalies.
Les résultats provisoires sont attendus dans les jours qui suivent. Ils devraient confirmer la domination attendue du camp présidentiel, même si le taux d’abstention pourrait être élevé dans les bastions traditionnels de l’opposition.
Quels que soient les résultats, ce double scrutin du 31 mai 2026 restera comme la fin officielle de la transition militaire entamée en 2021. Il ouvre la voie à la mise en place d’institutions pérennes (Assemblée nationale et futur Sénat) sous la nouvelle Constitution.
La Guinée tourne-t-elle définitivement la page de la transition ? L’avenir dépendra de la capacité du pouvoir à apaiser les tensions politiques et à répondre aux attentes d’une population qui aspire à la stabilité, au développement et à plus d’inclusion.
La démocratie guinéenne entre dans une nouvelle phase. Reste à savoir si elle sera inclusive ou dominée par un seul camp. Les prochains jours et les résultats officiels apporteront des éléments de réponse.