Par un acte officiel lu à la télévision nationale (RTG), la présidence de la République a prononcé la destitution de Monsieur Kaman Gogana Konomou (matricule 58 85 30 M), mettant fin à ses fonctions au sein du pouvoir judiciaire.
Les motifs officiels de la sanction
Le décret présidentiel s’appuie sur les dispositions de la loi organique L/2013/054/CNT du 17 mai 2013 portant statut des magistrats. La sanction est motivée par les éléments suivants :
- Griefs retenus : Le texte invoque formellement des « manquements aux obligations statutaires particulières de réserve, d’honneur, de dignité, de probité et de loyauté ».
- Application : Les ministres de la Justice, des Finances et de la Fonction publique ont reçu instruction de veiller à l’exécution immédiate de la mesure.
L’origine du dossier disciplinaire
Cette décision fait suite à une procédure ouverte à la fin de l’année précédente :
- La mutation : En novembre 2025, alors qu’il officiait comme juge d’instruction au tribunal de première instance de Kindia, le magistrat avait été nommé par décret au tribunal pour enfants de Conakry.
- La contestation : M. Konomou avait publiquement contesté la légalité de cette affectation. Il invoquait l’article 20 de la loi de 2013 garantissant l’inamovibilité des magistrats du siège sans leur consentement préalable, ainsi que des irrégularités selon lui dans la consultation du Conseil supérieur de la magistrature. Il avait ensuite été suspendu de ses fonctions.
La déclaration de l’intéressé
À la suite de l’annonce de sa radiation, Kaman Gogana Konomou a diffusé un message public le jeudi 6 août 2026 pour exprimer sa position :
- Impact personnel : Il qualifie cette exclusion de « mort avant la mort », soulignant l’arrêt de sa carrière et les répercussions professionnelles et familiales.
- Liberté d’expression : L’ancien juge a émis des réserves sur la portée réelle de la liberté d’expression syndicale ou professionnelle garantie par le statut des magistrats, la décrivant comme insuffisante pour le protéger.
- Obligations maintenues : Malgré la sanction, il a réaffirmé son attachement aux institutions de l’État et s’est engagé à respecter indéfiniment le secret des délibérations judiciaires afférent à ses anciennes fonctions.