Quelques heures seulement après l’annonce surprise du limogeage de Mourana Soumah (Communication), de Mory Condé (Travail) et du conseiller Mahamadou Abdoulaye Diallo, le président de la République a pris la parole sur ses réseaux sociaux. Dans un message empreint de fermeté partagé sur sa page Facebook officielle, le Général Mamadi Doumbouya a tenu à expliquer directement au peuple de Guinée le sens profond de ses décisions.
Un retour de congés dicté par le « sens du devoir »
Le chef de l’État a d’abord révélé avoir écourté ses vacances à l’étranger pour reprendre personnellement les commandes de l’actualité nationale. « J’ai tenu à écourter mes congés pour rejoindre notre terre natale. Car ce pays qui m’a tout donné passe avant toute chose, avant moi-même. C’est ce même sens du devoir qui a guidé les décisions prises ce soir », a introduit le président guinéen.
Cette clarification met en lumière le caractère urgent et hautement politique des décrets qui ont secoué l’appareil gouvernemental de Bah Oury ce vendredi soir.
« Contre la corruption, ma main ne tremblera pas »
Si les textes des décrets lus à la télévision nationale (RTG) sont restés muets sur les griefs reprochés aux trois hauts cadres démis, la déclaration écrite du président de la Transition ne laisse planer aucun doute sur le fond de l’affaire. Le Général Mamadi Doumbouya y réaffirme de manière catégorique sa volonté de mener une lutte implacable contre le détournement des deniers publics et le manque d’exemplarité au sein de l’État.
« Contre la corruption, ma main ne tremblera pas », a martelé le locataire du Palais Mohammed V, envoyant un avertissement clair à l’ensemble des administrateurs publics du pays.
L’accent mis sur la rupture et l’impartialité
Pour dissiper toute spéculation sur les critères ayant mené à l’éviction de ces figures pourtant majeures du régime, le chef de l’État a insisté sur le principe de l’égalité devant les sanctions républicaines. Il a précisé qu’« aucun rang, aucune fonction, aucune proximité » ne saurait soustraire quiconque à la rigueur de la justice ou des contrôles.
À Conakry, cette mise au point est largement interprétée par les observateurs comme le signal d’une nouvelle phase d’assainissement de la gestion publique. En liant explicitement ces limogeages à l’exigence de transparence, le président de la Transition cherche à rassurer l’opinion nationale sur la fermeté de ses engagements de rupture.
La Rédaction de Guiplus